Accès au foncier en milieu rural : les femmes représentent 70% de la main – d’oeuvre agricole mais ne détiennent que moins de 13% des terres

Même s’il y a des avancées notées par rapport à l’accès des femmes au foncier, il n’en demeure pas moins que des efforts restent encore à faire pour que les productrices agricoles puissent disposer de suffisamment de terres.  «Au Sénégal, les femmes représentent 70% de la population agricole rurale. Mais elles ne détiennent même pas 13% des terres», constate Oumou Khayri Coulibaly, coordonnatrice du projet relatif à l’ étude «sur la promotion d’une gouvernance foncière inclusive par une amélioration des droits fonciers des femmes au Sénégal», initié la semaine dernière par l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), en partenariat avec le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr), avec l’appui technique et financier du Centre de recherche pour le développement international (Crdi).

«Si on prend les femmes qui ont des papiers individuels sur leurs terres, c’est autour de 2%. Dans la vallée, notamment dans le Delta, il y a à peine 1% des terres qui est alloué aux femmes. Pour dire que l’accès des femmes au foncier demeure un problème», relève Mme Coulibaly. Identifiant un certain nombre de «bonnes pratiques» mises en place dans certaines collectivités territoriales pour favoriser l’accès des femmes aux terres, Oumou Khayri Coulibaly cite «l’allègement ou la gratuité des frais de bornage et le quota». Elle note qu’il y a des maires qui accompagnent la gent féminine   dans ce sens,   en l’aidant à valoriser les terres qu’ils mettent à sa disposition.  «Il y a des mairies qui identifient des terres qu’elles négocient avec leur propriétaire, qui délibèrent ces terresèlà et qui allouent aux femmes une ligne budgétaire qui leur permet de valoriser ces terres-là», indique Oumou Khayri Coulibaly, qui souligne que «de façon spécifique, dans la commune de Toubacouta, plus de 309 délibérations ont été effectuées pour les femmes et leurs alliés, surtout les jeunes».

Ainsi considère Dr Cheikh Oumar Bâ, Directeur exécutif de l’Ipra, «le problème de l’accès des femmes au foncier est socio-culturel, mais pas juridique». «A Darou khoudoss, quand on commençait, pratiquement il y avait 0% de femmes qui avait accès à une délibération. Mais après deux ans d’intervention, le maire reçoit jusqu’à 11% de demandes à la faveur des femmes», a dit Dr Bâ à l’occasion de cet atelier qui a été tenu dans les locaux du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) et présidé par la présidente Aminata Mbengue Ndiaye.
Sur le choix du Hcct pour l’organisation de cette rencontre, Mme Coulibaly invoque la volonté «d’échanger avec les collectivités,  parce que la gestion du foncier est une compétence transférée». Aminata Mbengue Ndiaye de rappeler que le Président Macky Sall milite à ce que l’on donne à la femme sénégalaise tous ses droits y compris celui lié à l’accès à la terre.

lequotidien.sn

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